Les « faits alternatifs » de Justin Trudeau sur la réforme électorale

Interrogé hier par une Canadienne inquiète sur la raison pour laquelle il abandonnait la réforme électorale, Justin Trudeau a blâmé le NPD et a tenté d’effrayer les Canadiens plutôt que d’assumer la responsabilité d’avoir brisé sa promesse.

Il est même allé jusqu’à dire que la « représentation proportionnelle, sous quelque forme que ce soit, serait néfaste pour le Canada ». Voilà du cynisme désespéré de la part d’un premier ministre qui avait promis d’être différent.

N’en déplaise aux faits alternatifs allégués par M. Trudeau, nous sommes convaincus que le fait de conserver le système actuel est l’option la plus dangereuse :

  • Si Kellie Leitch remporte la course à la direction des conservateurs, notre système désuet pourrait lui permettre de former le gouvernement, même si la vaste majorité de la population s’oppose à ses politiques de division.
  • Un système proportionnel assurerait que les éléments marginaux demeurent marginaux.
  • Donald Trump a réussi à tirer profit du système uninominal majoritaire à un tour des États-Unis pour s’assurer la victoire, même si la majorité des Américains n’ont pas voté pour lui.
  • Stephen Harper a été en mesure de remporter 100 % du pouvoir avec 39 % des votes.

Et n’en déplaise aux faits alternatifs invoqués par M. Trudeau, les libéraux sont les seuls à faire obstacle à la réforme électorale :

  • Lors des dernières élections, les deux tiers des Canadiens ont voté pour des partis promettant une réforme électorale.
  • Près de 90 % des experts et 88 % des membres du public ayant témoigné lors des audiences du Comité ont demandé au gouvernement d’adopter un système électoral proportionnel.
  • Les libéraux n’ont pas proposé de solution de rechange au système actuel. Ils ont plutôt fait obstruction à tout progrès en matière de réforme électorale.
  • Justin Trudeau a menti aux Canadiens lorsqu’il a dit que l’élection de 2015 serait la dernière élection tenue selon le système uninominal majoritaire à un tour.
  • M. Trudeau avoue maintenant que le seul système qu’il aurait accepté est celui qui aurait bénéficié de façon disproportionnée aux libéraux.

Les Canadiens se sont fait dire que Justin Trudeau serait différent. Toutefois, il devient de plus en plus évident que les libéraux ne travaillent que dans leurs propres intérêts.